Grossesse/maternité

Ma traversée du désert

Etrange comme titre pour un article me direz-vous. Mais lorsque vous l’aurez lu, je suis certaine que vous en comprendrez la raison. Car il existe parfois des périodes difficiles dans la vie, que l’on aimerait n’avoir jamais vécu …

C’est une de ces périodes qui m’a donné l’envie de créer ce blog. J’aurais d’ailleurs dû commencer par cet article plutôt que celui sur la Nuoo box mais je n’en ai pas eu le courage. Maintenant si ! Il est temps de vous dévoiler ce qui a chamboulé notre vie bien tranquille en septembre l’année dernière.

design

Je m’excuse d’avance car cet article est très long, mais surtout très personnel et peu réjouissant. C’est comme un exutoire pour moi aujourd’hui de coucher ces événements noir sur blanc. J’espère sincèrement que vous comprendrez ma démarche.

Tout commence par une très bonne nouvelle …

De retour de vacances en août 2017, nous avons la joie d’apprendre que nous allons être parents pour la première fois. Après des mois d’essais, de tentatives infructueuses … le test est positif ! Je n’y ai pas cru tout de suite. Il m’a fallu plusieurs jours pour réaliser ce qui se passait …

Puis, j’étais comme sur un petit nuage malgré les nausées, la poitrine douloureuse et la fatigue.

Forcément prise de rendez-vous chez le médecin pour obtenir une ordonnance afin d’effectuer une prise de sang. On ne sait jamais !! Même si les tests de grossesse sont à présent très fiables, il vaut mieux vérifier. Et résultat positif ! Il n’y a donc plus aucun doute 🙂

Le plongeon dans l’inconnu

Je pense que toute personne ayant eu un enfant peut comprendre cette sensation de plongeon dans l’inconnu. Toutes ces questions qui se posent en début de grossesse …

  • J’ai le droit de manger quoi ?
  • J’ai mal à la tête, je peux prendre un nurofen ? (NON !!!)
  • Je dois manger pour 2 ?? (Non plus !!)
  • Quand prendre rendez-vous chez mon médecin ?
  • Quand avertir la famille ?
  • Quand vais-je le sentir bouger ?
  • Quelle taille fait-il ?
  • Il ressemble à quoi ?

Et ainsi de suite … mais c’est tellement waouh que ça me passait au dessus. Chaque réponse vient en son temps. Malgré tout j’ai investi dans un livre bien sympa afin de mieux visualiser ce qu’il se passait dans mon ventre. Chaque jour, il y a une explication de l’évolution du bébé ainsi que du corps de la maman … tout un tas de trucs et astuces plus beaucoup d’informations utiles !

Puis surtout, première action …. appeler un gynécologue obstétricien ! Rendez-vous pris le 15 septembre pour la première visite soit dans un peu moins d’un mois 🙂

Et le plus dur pour moi … ne rien dire à mes parents qui attendent ça depuis plus de 10 ans ! Motus et bouche cousue qu’il a dit mon homme. Il vaut mieux attendre les 3 premiers mois. Mais c’est dur dur dur !! Et même mon frère qui vit en Thaïlande était en France à ce moment là avec sa femme.

J’ai donc obtenu un compromis. On attend le 1er rendez-vous pour leur annoncer rien qu’à eux ! 🙂

Le premier rendez-vous

C’est un peu angoissant puisque vous ne savez pas vraiment ce qui vous attend. Le test est positif mais il existe tellement de possibilités dont on ne parle jamais entre nous … J’ai une amie qui a sa première grossesse, a eu un œuf clair. Elle m’en a parlé dès qu’elle l’a su. Je l’ai accompagné du mieux que j’ai pu dans cette épreuve …

Du coup, j’y pense sans y penser. Nous avons tellement hâte que le médecin nous explique tout ce qui nous attend … puis c’est tellement irréel pour nous deux.

D’ailleurs à notre grande surprise, la doctoresse nous informe que nous allons effectuer une première échographie ! Youhouu !! Nous pensions que c’était plus tard dans le premier trimestre et chez un échographe. Mais elle nous explique qu’elle fait ainsi à chaque visite pour vérifier que tout est en ordre !

Nous allons donc voir notre haricot ! Car oui à 7 semaines et demi de grossesse, l’embryon mesure moins de 3 cm. Ci-dessous une photo du site materneo :

Echographie à 10 SA

La première échographie

Bien sûr, le médecin débute par un petit examen : tension, poitrine … puis arrive l’échographie. Nous ne voyons rien pour le moment. Nous attendons qu’elle nous explique ce que nous sommes censés voir ou deviner.

Le temps me parait très long et je commence à m’inquiéter car elle ne dit rien. Elle observe … jusqu’au moment où elle nous informe que son petit cœur qui devrait battre ne bat pas. Que son stade d’évolution s’est arrêté il y a environ 15 jours. Qu’il s’agit d’une grossesse arrêtée naturellement pour une raison qu’il est impossible de connaître. Une grossesse sur cinq n’aboutirait pas …

C’est le début de …

L’image contient peut-être : ciel, plein air et nature

Ma traversée du désert

Je ne comprends pas vraiment ou plutôt je ne réalise pas. Je pleure sans vouloir accepter voir même comprendre ce qu’elle vient de nous dire. Je me rhabille en larme et nous écoutons ses recommandations.

Je vais devoir prendre 2 cachets dès que je m’en sens capable pour « évacuer » l’embryon. Mais je ne dois surtout pas rester seule car il y a risque d’hémorragie. Si cela ne fonctionne pas, je devrais revenir la voir 48h après pour avoir 2 nouveaux cachets. Et si ce n’est toujours pas bon après cette seconde prise, je devrais aller à l’hôpital ou à la clinique.

Elle nous donne donc les 2 cachets et nous rentrons à la maison. Le rendez-vous était à 8h du matin. Mais elle m’a déconseillée de prendre les 2 cachets le jour même … ce sera donc pour le lendemain matin, un samedi.

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Ma première action en rentrant : me mettre au lit et appeler chez mes parents, en larme. Ma mère n’a pas compris la moitié de ce que je lui disais. Elle a mis un certains temps à comprendre que oui j’étais enceinte mais que ça ne se déroulait pas normalement … Elle en avait parlé à mon père quelques jours plus tôt, car certains signes lui avaient mis la puce à l’oreille.

Bref, j’ai passé ma matinée au lit à pleurer. Je ne me souviens même plus de l’après-midi … mais le soir, mon frère, sa femme et ma meilleure amie venaient diner. Je n’ai pas voulu annuler … Il n’y a que ma grande blonde qui ne savait pas. Je lui ai donc dit de vive voix. J’étais présente sans vraiment l’être mais au moins j’étais avec eux et pas au fond de mon lit à me morfondre. Merci à eux d’ailleurs d’avoir supporté cela, d’être venus et d’être restés avec nous. Je ne leur en ai jamais reparlé, mais la situation ne devait pas être très agréable pour eux.

Première prise de cachet

Certaines et certains connaissent sans aucun doute le nom de Cytotec. C’est le médicament que j’ai dû prendre le samedi matin. Comment vous expliquer mon état d’esprit … un robot qui doit faire une action sans la comprendre serait peut-être l’image la plus proche de ce que j’ai pu vivre.

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Mais je veux tout de même savoir à quoi je dois m’attendre. Je fais donc l’erreur d’aller à la recherche d’informations sur internet … Ce que je lis : douleurs, contractions, hémorragie, évanouissement … Aussi, je me « prépare » … J’enfile un vieux legging avec un pull, serviette hygiénique, grosse serviette éponge pour m’asseoir et un livre. Et il a fallu sauter le pas, prendre ces fameux cachets. Et attendre la douleur, attendre les premières contractions, premiers signes sans savoir ce qui m’attend réellement ….

Mon chéri est resté avec moi bien sûr. Il s’est occupé comme il a pu et m’a soutenu du mieux qu’il le pouvait. Mais j’étais seule face à moi même, avec mon corps, et cette attente insoutenable.

Les heures passent et je ne ressens pas de contraction. Par contre mes intestins me font souffrir … je commence à avoir des coliques et cela dure toute la journée. Ma journée est ponctuée d’aller-retour entre le canapé et les toilettes …Je suis pliée en 2 parfois mais par les coliques et non par des contractions.

La journée se termine … la nuit est longue et difficile. Les heures tournent sans que je puisse dormir tout comme la nuit précédente d’ailleurs. Et dimanche arrive … rien à signaler. Mes intestins se sont calmés mais toujours aucune contraction ou trace de perte.

Dimanche passe … mais rien ne se produit.

Deuxième prise de cachet

Je n’ai donc pas le choix. Lundi matin j’appelle ma gynécologue pour avoir la deuxième série de Cytotec. Par contre, mon conjoint doit aller travailler … Pour ne pas rester seule puisque vivement déconseillé, j’ai pris la voiture pour aller chez mes parents à 45mn.

« Sympa » pour eux de vivre ça … tout comme pour mon frère et sa femme qui sont toujours en vacances en France. J’aurais préféré leur épargner ça, mais je ne pouvais pas faire autrement.

Avant la deuxième prise, j’explique à ma maman les symptômes du samedi. Elle me donne donc en même temps de quoi calmer les intestins. La journée se déroule donc sans douleur particulière … RAS. Du coup, en début de soirée je reprends la voiture même si ce n’était pas très recommandé. Mais j’avais envie de rentrer chez moi, de retrouver mon chéri et rien d’autre.

Mon conjoint était en déplacement sur Paris toute la journée du mardi. Il n’a pas eu le choix. Il est d’ailleurs parti le lundi soir tard pour dormir proche de son rendez-vous. Cela a été les 24 heures les plus longues que j’ai connu … sans vraiment m’en rappeler au final.

Rendez-vous à l’hôpital

48h sont passées après la deuxième prise. Le cabinet médical où je suis suivie m’invite donc à aller soit à l’hôpital, soit à la clinique. Je ne saurais vous dire pourquoi j’ai choisi l’hôpital que j’appelle dans la foulée.

Hôpital, Corridor, Salle D'Opération

Il faut passer par les urgences. Mon homme m’y conduit donc en fin de matinée et nous attendons plusieurs heures avant d’être pris en charge. Environ 3 heures il me semble. L’infirmière nous demande la raison de notre venue. Je dois donc lui expliquer la situation … en larme pour changer.

Elle me demande si ma gynécologue a envoyé mon dossier ou appelé pour avertir de ma venue. Je n’en sais rien. Elle appelle donc le service dédié qui l’informe que non. Je dois donc subir toute une nouvelle batterie de test (prise de sang, test urine, tension …) avant d’être prise en charge par un interne à qui je dois encore expliquer la situation. Il s’étonne de nouveau de n’avoir pas eu de dossier … Entre temps, mon conjoint a dû partir. Je me retrouve donc seule face au corps médical.

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Bref, il me demande ensuite si je suis certaine de ne pas avoir perdu l’embryon. Il insiste lourdement parce que j’aurais pu ne pas m’en rendre compte selon lui ! Mais je n’ai aucun doute … Aussi, il pratique une échographie interne assez douloureuse. Elle me déclenche d’ailleurs des saignements.

Le fœtus est bien là, toujours en place … Par conséquent, l’interne doit programmer une intervention. Nous sommes mercredi 20 septembre et il m’annonce un rendez-vous pour le vendredi 29 septembre !! Vous rendez-vous compte ? Cela ferait 15 jours entre l’annonce de cette grossesse arrêtée et la fin de ce cauchemar. Je suis obligée d’insister pour avoir une date plus proche.

Au final, j’obtiens le mardi suivant …

Nouvelle attente

Jeudi et vendredi passent … Une semaine que nous avons appris la mauvaise nouvelle et que nous sommes seuls. Les journées sont longues et les nuits aussi. Je n’ose pas sortir … on ne sait jamais ce qu’il pourrait se passer. Je tourne donc en rond, j’essaye de lire mais n’arrive pas à me concentrer. Je n’ai pas faim, pas d’envie …

Dans la nuit du vendredi au samedi, je suis réveillée par des douleurs dans le bas ventre. Je mets un certains temps à comprendre qu’il s’agit de contractions. Le jour s’est d’ailleurs levé quand j’en prends conscience. Comme cela m’avait été recommandée, j’avale un spasfon. La douleur se calme … cependant les saignements commencent.

Stéthoscope, Docteur, Médicaux, Medical

Nous sommes attendus chez mes grands parents pour le déjeuner. N’ayant plus mal, je décide d’y aller. Bien sûr, ils avaient été avertis par ma mère de ce qui nous arrivait. Nous en avons donc parlé librement … Mais en cours de repas, les douleurs sont revenues et les saignements empirent. Je vous passe les détails mais je suis obligée d’aller aux toilettes très régulièrement. Je pense même avoir perdu l’embryon.

Le week-end se déroule ainsi entre douleurs et prise de spasfon accompagnées de pertes abondantes. C’est douloureux mais c’est signe que nous allons pouvoir tenter de passer à autre chose … J’ai l’impression d’avoir un hématome sur tout le ventre à force d’avoir des contractions.

Nouvelle semaine

J’étais arrêtée la semaine précédente et je devais donc reprendre le travail ce lundi matin. Je me suis donc levée pour me préparer mais cela m’a été impossible. En fait, je n’avais pas encore perdu l’embryon … Il est parti ce lundi matin, 26 septembre 2017, lorsque je suis allée aux toilettes à peine levée. Plus aucun doute … après 48 heures de contractions …

J’appelle alors ma gynécologue pour la voir dans la journée. L’intervention est prévue le lendemain mais elle s’avère inutile. Je ne souhaite donc pas me rendre à l’hôpital. Cela a déjà été assez difficile comme cela. Inutile d’en rajouter. Toutefois, j’ai du mal à obtenir un rendez-vous mais en insistant un peu, je dois y aller à 15h pour une échographie de contrôle.

Dernière étape

Je me rends donc à mon rendez-vous, avec une démarche de cow-boy mal assuré. Pour m’entendre enfin dire que oui tout est parti … Qu’il va maintenant falloir attendre un cycle complet avant de reprendre les tentatives.

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Reprendre les essais … qu’est ce que l’idée est loin de moi à ce moment précis mais alors très très loin. Je viens de perdre mon plus doux rêve … 18 mois d’essais en me disant que de toute façon je ne serais jamais mère. Pourquoi ? Je n’en sais rien, mais c’est mon inconscient qui me le disait depuis des mois, des années … J’en était intimement persuadée même si mon conjoint tentait de me convaincre du contraire.

Cette grossesse arrêtée n’a donc fait que me conforter dans mon idée … « Audrey, dans 2 mois tu as 38 ans … arrête de rêver à une famille … il est trop tard pour toi et si ça se trouve, cela n’a jamais été l’heure …. »

Cette réflexion je ne l’ai toutefois pas eu tout de suite. J’étais trop dans le brouillard pour réaliser tout cela, tout ce qui s’était passé. J’étais amorphe, seule, épuisée, endolorie, vide … Et après 2 jours d’arrêt maladie, retour à la vie active presque comme si de rien. Seules ma responsable et ma collègue directe avaient été informées. Et je ne souhaitais d’ailleurs pas que cela s’ébruite plus. Je ne voulais pas avoir à en parler ou pire encore …. entendre toujours les mêmes phrases « C’est la nature … elle est bien faite », « Tu verras ce n’est que partie remise … », « C’est sans doute mieux ainsi … »

Aujourd’hui …

C’est cette traversée du désert qui m’a poussée à créer ce blog. J’avais envie/besoin de partager avec vous plus que des informations, astuces, tutos sur le concept du bullet journal. Nous avons été tellement seuls face à cette situation, aucune aide psychologique, médical … que je me suis dit que je devais partager cette mauvaise expérience. Mais comment ? Ce n’était pas possible sur Creabujo.

Donc, un nouveau blog pour échanger avec vous sur les moments difficiles mais surtout sur tous ces petits bonheurs qui nous donnent le sourire sans que l’on s’en rende compte. Et surtout pour montrer à celles qui sont passées par là, passent par là ou passeront par là, que tout est possible 🙂

J’espère que cet article sera le seul de cet acabit … Aujourd’hui, je suis enceinte de 8 mois et nous en sommes plus qu’heureux. Nous avons découvert la bonne nouvelle le 10 décembre soit 2 mois et demi après. Cette douloureuse épreuve est à présent derrière nous mais jamais loin de mon esprit. Nous allons accueillir dans quelques semaines une petite princesse qui va chambouler nos vies. Et promis, je partagerais avec vous ces moments de vie ! Toutes les galères que certaines connaissent déjà mais aussi tous ces beaux instants que la vie nous réserve 🙂

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Merci de m’avoir lu jusqu’au bout.

Audrey

 

2 thoughts on “Ma traversée du désert

  1. Comme je te comprends et au fond notre histoire se ressemble même si aujourd’hui je n’ai pas encore la chance d’être enceinte je suis tellement ravie pour toi… J’attends les premiers témoignages de te vie de maman.
    Affectueusement
    Soizic

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